ce soir un billet un peu sérieux pour changer !
dans ma nouvelle bibliothèque j'ai remarqué 1 chose : quasiment tous les livres qui sont là bas sont soit des romans régionaux soit des romans à l'eau de rose genre danielle steel ...
Tout ça parce que la majorité de nos lecteurs sont des retraités ...
mais là je ne suis pas d'accord !!! pour moi un bibliothécaire doit à la fois suivre les envies de ses lecteurs mais doit aussi les précéder en leur donnant pourquoi pas de nouvelles envies ...
de plus c'est en améliorant la qualité de l'offre qu'on augmentera aussi le nombre des lecteurs ! parce qu'une jeune fille de 20 ans qui vient aujourd'hui dans la bib elle trouvera pas grand chose qui va l'intéresser ...
Bref pour moi le bibliothécaire doit aussi être un prescripteur !!!
alors ok pour les romans régionaux (je vais pas cracher dessus j'adore ce genre de littérature !) mais ok aussi pour d'autres genres peut être moins attirant au départ pour nos papys et mamys mais qui pourront se révéler aussi voire même plus interessants au final ...
comme c'est moi qui vais être chargée des achats durant les prochains mois j'aimerais vos avis, amis et collègue bib !!!
Selon vous dois je suivre la politique documentaire actuelle et acheter toutes les nouveautés d'anglade à bordes en passant par clément mainard ou dois je aussi acheter d'autres genres (le diable s'habille en prada, la série one piece, la valse lente des tortues)?
3 commentaires:
Voilà une question intéressante. ;-)
Alors, voilà comment je "prescris".
D'abord je regarde ce qui sort, dans mes rayons.
(ce qui ne sort pas disparaît :-), au bout de deux ans. Place réduite = sortie constante. 1000 rentrées = 1000 sorties)
Ensuite je regarde ce qui intéresse mon public. (ce qu'il désire lire, ses demandes)
Je note aussi un certain type de lecteurs (le lecteur référent). Quand j'achète un livre, si je n'ai pas un lecteur référent, à qui je vais faire plaisir, je fais attention à cette sélection. (Ok, je suis dans une petite bibliothèque, avec un budget pas bien épais, donc chaque choix est pesé)
Chut !...
A partir de là, secrets de cuisine, j'utilise Amazon (Fnac, Babelio et d'autres) pour me donner une idée.
Comment ?
Tout simple.
D'abord, avec Amazon, je peux trier les dons avec le nombre d'étoiles attribuées par les lecteurs.
Peu d'étoiles, on élimine. (parce que ce vote populaire est vrai ! De plus, quand deux lecteurs me disent qu'un livre est nul, je le coche comme étant éjectable. Au troisième c'est le cas, sauf si... d'autres l'adorent. Désavantages, les sorties récentes ne sont pas notés.)
Ensuite, Amazon possède un système de recommandation intéressant. Celui qui a acheté ce livre a acheté aussi ce livre. Ça vaut ce que ça vaut, mais les pistes sont ouvertes vers d'autres livres (avec étoiles !) et donc vers d'autres prescriptions possibles.
Tu peux aussi te servir des prix littéraires (même si je n'y crois pas, c'est trop souvent mercantile, sauf contrôle sur Amazon et consorts) et te servir d'autres recommandations : libraires, bibliothécaires, ou sites. (Ah oui : tu peux t'ajouter dans la liste !)
A partir de là, tu as trois listes.
- Ce qui sort dans tes rayonnages. (les abonnements s'y trouvent)
- Ce qui intéresse ton public.
- Ce qui est recommandé.
Trois positions d'achat :
- Ce qui sort va être complété. En général ce sont des séries ou des auteurs phares.
On peut les retrouver dans l'intérêt du public.
Et dans les recommandations.
=> achat !. (ou achats circonspects si tu commences à avoir trop de livres d'un auteur, du genre Steel. Là, perso, j'attends les dons)
- Ce qui intéresse ton public.
Plusieurs demandes
= >achat !
Une seule demande = contrôle suivant le lecteur "référent" et Amazon.
- Après, tu as les recommandations.
Avec les fonds monétaires qui te restent. :-)
Ce que j'appelle la zone découverte.
Cette zone découverte peut prendre le pas sur d'autres achats. Quand tu notes un livre à plus de 50 * 5 étoiles, tu te poses la question d'un achat prioritaire. (par exemple : L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, 115 * 4,5 étoiles. Je ne connais pas, mais 115 personnes, ce n'est plus du copinage. Tu veux plus parlant : Fascination, Stephenie Meyer : 185 * 4,5 étoiles)
Après, c'est à toi de trouver l'équilibre.
Mais normalement, qui s'occupe des achats s'occupe de l'élimination en premier, pour les "remplacements" de ce qui sort beaucoup, et pour repérer les trous laissés dans les collections.
Ensuite, tu as la sélection en "librairie", ou avec les démarcheurs.
Ce qui permet de vérifier que le livre correspond bien à tes attentes, à sa solidité.
Et surtout, si tu le trouves sur place, si tu peux le commander ou... si tu dois t'en passer.
Comme tu le constates, ta sélection doit tenir compte de ces trois paramètres.
Ta répartition est importante, c'est toi qui attribues les sommes. (les pourcentages)
Et il faut les attribuer suivant différents moments de l'année, ou suivant les possibilités (si tu n'as pas de budget au début de l'année, c'est à toi de jongler avec ce problème ; si tu dois tout dépenser d'un coup, c'est aussi à toi de le prévoir).
Moi, je compense mon faible budget avec les prêts de la BDP, surtout en SF / Fantastique, et documentation en général.
Ta politique d'acquisition peut alors prendre plusieurs chemins.
Tu privilégies les choix des lecteurs, (mais en général, en poursuivant les collections, c'est déjà le cas), ou tu te lances dans une zone découverte plus large, avec le risque de casser les habitudes et d'en ressentir les conséquences. (Vous n'avez plus rien à lire !)
Si tu n'as que des personnes âgées, ne leur enlève pas les Harlequin (il y a la collection Mira, qui trompe même les amateurs de Polar, c'est dire, avec Alex Kava !, tu as aussi Nora Roberts et d'autres).
De toute façon, tout remplacement s'établit dans la durée.
Sauf méthode IOUPI évidemment. (et encore même là, j'ai établi des tranches de remplacement... parce que les achats particuliers, ça prend du temps !)
Mais on n'enlève pas, on remplace ! Nuance.
Pour finir, je précise aussi que je ne suis pas tout seul à choisir. (J'ai une équipe de bénévoles formidables, et une présidente qui choisit à égalité avec moi)
Chaque sensibilité de bibliothécaire est importante, et il ne faut pas oublier qu'on travaille en équipe.
Une équipe qui va devoir conseiller des livres aux lecteurs. Surtout quand tu n'assures pas toutes les permanences publiques.
C'est bien beau d'acquérir dans son coin, si tu n'as personne pour conseiller tes découvertes, c'est comme si tu n'avais pas de découvertes/coups de coeur. Si la personne en banque de prêt ne sait pas, c'est comme si tu n'avais rien acquis.
Par contre, elle saura très bien ce qu'elle a "aidé" à acquérir.
Elle ne sera pas que la "caissière" du livre.
Donc chaque sensibilité est importante.
Et plus on a d'yeux et d'oreilles en action, plus sa sélection devient intéressante pour la bibliothèque. (et moins critiquable, du style : oh, c'est elle qui l'a acheté ! on ne sait pas bien pourquoi.)
Dans Politique d'acquisition... (il y a le mot "politique" :o))), avec un évident consensus)
J'en tiens compte. Mieux, ON en tient compte. :-)
Trois bisous
Bernard
d'accord avec Bernard. Ce qui marche aussi ce sont les romans et les polars historiques, pour tous les âges, et SF/Fantastique pour les jeunes.
Bisous à vous 3 !
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