mardi 13 juillet 2010

La révolte des creusois vue du Monde !!!

Les élus des 260 communes de la Creuse, toutes tendances politiques confondues, ont rompu, samedi 10 juillet, avec l'Etat. Motif du divorce : la fermeture du centre de radiothérapie de Guéret, confirmée la semaine dernière par le tribunal administratif de Limoges. Ce centre accueillait 200 patients par an, soit moins que le seuil minimal d'activité, de 600 personnes, défini par le ministère de la santé en mars 2007.

Pour le défendre, les responsables locaux mettent en avant les spécificités du département : "Ici, il y a beaucoup de personnes âgées et très peu de transports en commun", raconte le docteur Rachid Elie Loufti, président de la Ligue contre le cancer dans le département. Avec cette fermeture, les malades du cancer dans la Creuse devront désormais se rendre à Montluçon ou à Limoges, à plus d'une heure de route, pour se faire soigner. "Alors que les services des villes voisines sont déjà surchargés, les malades vont attendre jusqu'à cinq semaines pour être pris en charge et faire trois heures de route pour dix minutes de séance", s'insurge Michel Vergnier, député-maire PS de Guéret.  

PROMESSE NON TENUE DE ROSELYNE BACHELOT

Conscients de la fragilité du centre de radiothérapie, les responsables locaux avaient déjà tenté de résoudre le problème. En 2009, la direction de l'hôpital de Guéret avait fait une proposition à la clinique de la ville. Le projet était de créer un partenariat public-privé qui permettrait au centre de radiothérapie de prendre de l'envergure et d'accueillir les 600 patients demandés. L'idée a été soumise au ministère de la santé. Selon le député (UMP) de la Creuse Jean Auclair, Roselyne Bachelot l'a d'abord jugée "très bonne". "Elle nous a dit qu'on garderait le centre si la collaboration voyait le jour", rapporte le député. Avant de se rétracter et de décider de la fermeture à la fin 2009. C'est cette promesse non tenue qui aurait mis le feu aux poudres de la droite locale.

Pour marquer leur opposition, les maires du département ont donc décidé de faire sécession. Désormais, ils ne participeront plus "à aucune réunion ou commission avec les services préfectoraux et ne collaboreront plus avec les services de l'Etat". Par exemple, Michel Vergnier sera absent de la prochaine réunion cantonale organisée par le préfet.

"A PARIS, ON NE COMPREND PAS LES DIFFICULTÉS DU MONDE RURAL"

Il ne s'agit pas que d'une ou deux fortes têtes : l'ensemble des élus UMP fait partie du mouvement. "Je me sens trahi, confie Jean Auclair, qui se présente comme un "sarkozyste acharné". J'ai squatté toute une nuit sur la moquette devant le bureau de Roselyne Bachelot pour qu'on reparle de la radiothérapie. Elle ne m'a même pas reçu."

Bernard de Froment, maire UMP de Saint-Fiel, commune d'un millier d'habitants, estime que les élus nationaux ont perdu de vue les réalités locales : "A Paris, on ne comprend pas les difficultés du monde rural. C'est un peu la droite des villes contre la droite des champs." Droite et gauche "des champs" se sont donné rendez-vous en septembre. Si le gouvernement n'a pas réagi d'ici là, elles soumettront la démission collective au vote de l'assemblée générale.

Judith Duportail

pour une fois que droite et gauche s'accordent ... Bravo !!!!

 

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